Philippe Marlière «C'est une bonne nouvelle que la gauche française ne parle plus de sortie de l'UE»



Description :
Alors qu’il ne se dégage toujours pas, près de trois ans après le référendum britannique, de perspective claire quant à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à l’University College London, est l’invité de la Midinale.

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VERBATIM

Sur la situation quant au Brexit aujourd’hui
« Aujourd’hui, personne ne sait où on en est, y compris les acteurs eux-mêmes, c’est-à-dire la Première ministre Theresa May ou les leaders d’opposition. »
« Voter pour la sortie, c’est la solution la plus simple. Mais, au fur et à mesure des négociations et d’un accord qui a été signé entre Theresa May, son gouvernement et l’Union européenne, on se rend compte qu’il y a différentes possibilités et versions pour cette sortie. »
« La version retenue de sortie de l’UE n’a pas de majorité : il faut que le Parlement britannique vote pour soutenir le texte, ce qui n’est pas le cas. »
« Il n’y a pas non plus de majorité pour une sortie sèche, c’est-à-dire le no deal. »
« Il n’y a pas non plus de majorité pour un deuxième référendum. »

Sur l’état des forces politiques au Royaume-Uni quant à la question du Brexit
« Curieusement, au Royaume-Uni, il n’y a pas vraiment de critiques faite à l’UE. »
« Il y a une impréparation totale du gouvernement britannique par rapport au dossier du Brexit. Un amateurisme et une incompétence aussi. »
« Ce dont on débat, ce sont les modalités de sortie : on n’en est même pas encore arrivé au stade de l’avenir des relations entre l’UE et le Royaume-Uni une fois sorti. »
« S’il y a un enseignement au Brexit, c’est ça : sortir de l’UE ne règle rien, ça affaiblit les forces de gauche. »
« Il faut essayer de changer les choses de l’intérieur. »
« Momentum, qui est un mouvement très à gauche qui a soutenu les deux campagnes de Corbyn, a pris position dès le référendum pour le maintien – en faisant de la politique et en affirmant que la situation des travailleurs serait affaiblie lors d’une sortie. »

Sur ce qu’a libéré le Brexit dans la société britannique
« Une sortie de l’UE par la Grande-Bretagne ne va pas aider les jeunes, les précaires, les pauvres. Au contraire, le gouvernement va intensifier sa politique néo-libérale. »
« La Grande-Bretagne qui est plutôt, sur les questions de relations ethniques, le multiculturalisme, les rapports de genres, plutôt tolérant, a, par ce vote, libéré des passions qui ne sont pas du tout tolérantes : les propos racistes et xénophobes qui sont normalement mis hors-jeu (il n’y a pas d’Eric Zemmour et compagnie qui s’expriment à longueur d’antenne dans les médias britanniques) sont apparus… »

Sur le rapport de la gauche à une sortie de l’Union européenne
« C’est une bonne nouvelle que la gauche française ne parle plus de sortie de l’UE : c’était une connerie. »
« On me dira : oui mais la gauche a tenté en vain de faire quelque chose. Mais la gauche, qui était sous domination sociale démocrate n’a pas tenté grand chose contre cette Europe néolibérale… Au contraire, elle en a été l’architecte ! »
« Il est compliqué, par le biais d’élections démocratiques, de modifier les rapports de force dans un pays capitaliste. »
« On a déjà du mal à faire au niveau national ; pourquoi être plus exigeant au niveau supra-national avec l’Europe ? »
« Il n’y a plus que des micro-partis à gauche ; il n’y a plus de grand parti de gauche ni en France ni ailleurs. »
« Ceux qui s’en sortent, ce sont les partis sociaux démocrates qui ont tenu leur gauche : au Royaume-Uni, au Portugal et, dans une moindre mesure, en Espagne. »
« L’avenir, c’est une social-démocratie véritablement de gauche et surtout inclusive, c’est-à-dire qui donne une place à tout le monde. »
« Depuis que je m’intéresse à la gauche en France, je ne l’ai jamais aussi trouvée faible et dans un aussi piteux état. »
« Le PS ayant connu le destin que l’on sait, c’est-à-dire qu’il se bat aujourd’hui pour sa survie, mérite largement d’être là où il est maintenant. »
« Les forces qui auraient pu prendre le relai et proposer, dans une version radicalisée, une nouvelle social-démocratie de gauche, pluraliste et bien radicale sur les questions économiques et bien inclusives sur les questions culturelles et de rapports entre les différentes catégories de la population, n’ont pas rempli ce boulot… Et je pense en premier lieu à la France insoumise mais aussi aux plus petites forces qui jouent leur rôle négatif. »
« Il faut du regroupement sur une ligne réaliste. »
« Rien ne sert de marteler les slogans les plus radicaux sur les réseaux sociaux ou ailleurs si on ne propose pas à l’électorat une feuille de route crédible. »
« A court terme, il n’y a pas de raison d’être très optimiste pour la gauche. »

Tags : Brexit, Theresa May, gauche, regards, royaume-uni, Grande Bretagne, La midinale, Jeremy Corbyn, tories, parti travailliste, philippe marlière, momentum, remain

Publié le 22/03/2019 12:49:44 sur la chaîne Regards







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